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10 décembre 2009

Bienvenue sur le site de
jequitiba.org

ONG JEQUITIBA  est une association d'aide à la formation, à l'emploi et au développement durable au Brésil. Elle a pour but de soutenir et faire connaître nos projets. Elle est essentiellement active dans le domaine de la formation de journalistes des radios communautaires.

Nous avons choisi le nom d'un arbre comme symbole de notre association parce qu'un arbre, cela crée des racines, cela grandit doucement et devient progressivement fort et utile. Le Jequitibá  est un arbre typique de la forêt atlantique du sud-est du Brésil (Mata Atlántica), dont la croissance est très lente et durable.

Une formation de journalisme pour les animateurs de radios communautaires brésiliennes

Ce projet est mené par Jean-Jacques Fontaine, journaliste suisse vivant à Rio de Janeiro, en compagnie de Yves Magat, journaliste à la Télévision Suisse Romande. Il consiste à organiser pendant 3 ans douze ateliers de formation de 5 journées chacun, dans les principales villes du Brésil, afin d'apporter à des animateurs de radios communautaires quelques connaissances techniques rudimentaires du métier de journaliste: pratique de l'interview, langage radio, construction d'un bulletin de nouvelles, recherche et vérification de l'information, réalisation et montage d'un reportage.

Le but est de leur permettre d’introduire de l'information locale dans leurs grilles de programme, ce qui n’existe pas actuellement. Ces volontaires de l’antenne, en effet, sont soucieux des préoccupations des habitants de leurs quartiers et cherchent à leur donner la parole, mais ils manquent des outils nécessaires à fabriquer et transmettre des nouvelles de leurs voisinages que personne d’autre qu’eux ne va traiter dans les médias. Nous aimerions qu’au terme de cette formation, chacune des radios concernée par le projet puisse disposer d’au moins un bulletin quotidien d'information sur la vie du quartier.

Nous avons organisé deux cours expérimentaux de 5 jours en 2008, à Rio de Janeiro, qui ont  touché une trentaine de ces animateurs, à qui je suis ensuite allé rendre visite. Le résultat a été un franc succès, des changements tangibles ont été constatés dès l'atelier terminé. L'extension du programme à 240 animateurs dans tout le Brésil est construite à partir de cette expérience. Le projet est mené en partenariat avec l'UNESCO au Brésil, dans le cadre de ses activités de promotion de l’information et du soutien qu’elle apporte à des initiatives susceptibles d'encourager la paix et de renforcer la citoyenneté. 

Outre l’appui de l’UNESCO, nous avons obtenu le soutien financier de la Ville de Genève, de la Commune de Cartigny (Suisse), de la Télévision Suisse Romande et de l’Ambassade de Suisse au Brésil. Le montant total du budget que nous recherchons est d’environ 220.000 francs suisses (150.000 € ou 200.000 US$) pour les 3 ans. Il est actuellement couvert à 70%. Nous recherchons donc encore 1/3 des fonds pour pouvoir mener l’expérience jusqu’au bout.

Qu'est-ce qu'une Radio Communautaire
au Brésil ?

Interview de Jean-Jacques Fontaine,
journaliste, formateur ONG Jequitibâ

Lettre no 5 - octobre 2009

Salvador da Bahia: le droit à la communication

« Le droit à la communication est un droit de la société, au même titre que le droit à la santé, au logement ou à l’éducation. Et sans les radios communautaires, il y a un risque d’homogénéisation de la communication. »
Le ministre de la communication de l’état brésilien de la Bahia, Robinson Almeida, aime bien les radios communautaires ! Son patron, le gouverneur Jaques Wagner -un proche du président Lula- a tout fait pour que le cours de journalisme organisé par l’ONG genevoise Jequitibá à Salvador soit un succès.

Ce droit élémentaire, les vingt-quatre radialistes des radios communautaires qui ont participé avec passion au cours en sont bien conscients. Le problème c’est que dans leurs petites villes d’origine perdues au fond de l’immense état de la Bahia, les choses ne sont pas aussi simples que le brillant exposé du ministre.

Par exemple José Carlos Brito de Macedo doit être vraiment motivé pour parcourir quatre fois par semaine huit km à bicyclette sous le soleil mortel du sertão pour aller animer ses programmes de musique et d’information dans les radios communautaires de Cristópolis et Baianópolis : « J’ai toujours rêvé de faire de la radio », dit-il simplement.

Sujets tabous
D’autres participants au cours ont des problèmes encore plus concrets.
Yves Magat - Salvador
Le trafic de drogue et l’explosion du crack dans leurs villes pourtant minuscules à l’échelle brésilienne sont des sujets tabous. «Tout le monde se connaît», explique un radialiste qu’il est plus prudent de ne pas nommer. « Si on parle des trafiquants, on se fait descendre immédiatement! »

Heureusement seules les villes se trouvant sur les grands axes de circulation sont concernées à ce point par la drogue. Mais toutes les radios communautaires doivent lutter au quotidien pour maintenir leur fragile indépendance face à des autorités locales qui ont une manière très personnelle d’interpréter le droit à la communication… Un autre participant du cours dont le métier principal est l’enseignement, s’est vu muter à cent kilomètres de chez lui du jour au lendemain. Il travaillait bénévolement dans une radio communautaire et refusait d’entrer dans la clientèle politique du nouveau maire !

Des milliers de radios
Au Brésil, plus de quatre mille radios communautaires sont autorisées et plus de dix mille attendent une interminable réponse des autorités pour obtenir leur légalisation. Ces radios sont régies par des règles strictes : rayon d’émission très limité, pas de publicité. Pourtant elles sont très populaires et représentent une véritable alternative au matraquage informatif des grands réseaux de presse multimédias brésiliens.
Un nombre infini d’informations petites et grandes, proches des gens, concerne la réalité et les problèmes de la population, en dehors des habituels reportages à sensation sur la violence des favelas martelés de manière quasi quotidienne sur les grandes chaînes de radio et télévision commerciales.

Un besoin de formation
Pour venir en aide aux animateurs de ces radios communautaires, généralement bénévoles et motivés mais sans aucune formation journalistique, le projet Jequitibá a été mis sur pied par l’ancien journaliste de la TSR Jean-Jacques Fontaine, établi maintenant au Brésil (voir interview ci-dessus). En sa compagnie, j’ai le plaisir de donner quatre semaines annuelles de cours dans différentes régions du Brésil. Les cours sont organisés en modules de cinq jours pour une vingtaine de participants chaque fois : peu de théorie et beaucoup d’exercices pratiques (interviews, animation de débats, fabrication d’un bulletin de nouvelles, etc.). Les participants qui reçoivent à la fin du cours un petit enregistreur numérique (un par radio ) sont enchantés.

Le projet est étalé en principe sur trois ans jusqu’en 2011 mais risque bien d’être victime de son succès au delà de cette date… Il bénéficie du soutien de la TSR, la Ville de Genève, la Commune de Cartigny, l’UNESCO-Brésil, l’ambassade de Suisse à Brasilia et d’autorités locales brésiliennes comme l’Etat de la Bahia.

 LETTRE N°4 - septembre 2009

Stage de journalisme
pour radios communautaires

 Premier cours complémentaire à RECIFE

Ce premier cours complémentaire de 4 jours (1 jour de révision pour chaque étudiant) était prévu dans le projet afin de mesurer, 5 mois après, les effets pratiques de l’enseignement de base dispensé en avril/mai sur le travail des animateurs qui y ont participé. Rappelons que le cours de base portait sur l’apprentissage des techniques essentielles du journalisme radio (pratique de l’interview, modération d’un débat, rédaction d’un bulletin d’information, réalisation d’un reportage de rue).

Ce cours de complément a eu lieu, comme le cours de base, dans les locaux de la Casa da Cultura de Recife (Pernambuco). Il a été dispensé par un seul des formateurs, Jean-Jacques Fontaine, qui s’est déplacé depuis Rio de Janeiro. Il consistait essentiellement en un exercice d’interview enregistré sur les changements apportés dans la pratique de chacun des étudiants par le cours de base et en la rédaction d’un bulletin d’information de 5 minutes, à partir d’extraits de presse sélectionné préalablement. Chaque session durait de 9 :00 à 14 :00 et devait regrouper 10 étudiants à la fois. C’était la première expérience de cours de complément menée par l’ONG Jequitiba dans le cadre du projet de formation qu’elle a mis en place pour les années 2009-2010-2011.

Le bilan qu’on peut en tirer est quelque peu mitigé : participation décevante, mais grande satisfaction quant aux transformations opérées par le cours de base sur la pratique des étudiants.

Rio de Janeiro, le 23 septembre 2009                          Jean-Jacques Fontaine

Suite de cette lettre d’information  

 


 

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